La passion et la discrétion dans le sport de haut niveau
La réserve d’un joueur peu médiatisé
Il est vrai que je ne suis pas un visage récurrent dans les médias et cela a ses raisons. Naturellement timide, j’ai toujours préféré garder un profil bas. Mon plaisir se trouve dans le lien que je partage avec mon équipe sur le terrain. Là-bas, je m’amuse et je m’épanouis, mais l’idée de m’exposer au-delà de cela ne me correspond pas. Ce besoin de rester dans l’ombre vient sans doute de l’anxiété que la visibilité pourrait engendrer, me laissant ruminer constamment sur mes performances ou mes paroles. J’ai donc choisi de rester concentré sur les moments importants du week-end, en toute discrétion.
Cela dit, je comprends que les gens ont envie de découvrir nos personnalités en dehors des matchs. Certains de mes coéquipiers, comme Romain Ntamack ou Antoine Dupont, excellent dans cet exercice et se prêtent au jeu avec aisance. Ils deviennent ainsi des figures d’identification pour beaucoup de jeunes.
Un dialogue discret sur la communication
En ce qui concerne le sujet de la communication, je ne m’attarde pas beaucoup dessus avec mes amis Cyril Baille et Julien Marchand. Je reste fidèle à moi-même et je me concentre sur mes propres passions, que tout le monde ne partage pas forcément, comme la moto et le métal. J’ai un compte Instagram, mais partager du contenu n’est pas quelque chose de naturel pour moi. Je préfère l’utiliser pour suivre mes centres d’intérêt comme les motos.
Une longue carrière au Stade Toulousain
À 31 ans, avec plus de 200 matchs disputés pour le Stade Toulousain, je réalise que le temps passe vite. Cependant, je ne suis pas particulièrement focalisé sur les statistiques. En fait, notre équipe est restée si soudée au fil des années que le temps semble avoir filé sans que l’on s’en aperçoive.
En termes de performances, affronter Sale pour une 20e titularisation consécutive en Champions Cup est un honneur, bien que ce ne soit pas quelque chose dont je sois véritablement conscient. Cela signifie beaucoup pour moi, particulièrement parce que cela montre la confiance des entraîneurs en mon travail, ce qui me motive à donner le meilleur de moi-même sur le terrain.
Le défi de la longévité dans le rugby
Être entouré de jeunes talents me fait réaliser les années qui passent. Bien que je ne pense pas souvent aux différences d’âge, il arrive que la réalité me rattrape lorsque je me rends compte que j’ai une décennie d’écart avec certains coéquipiers. Pour autant, mon esprit reste jeune et amusant, ce qui est essentiel pour traverser les saisons avec légèreté.
Depuis mes débuts en 2013 contre le Racing 92, la route a été longue. Le match qui a véritablement changé ma trajectoire a été celui contre Oyonnax en 2015. Ce moment s’est avéré décisif et a permis de redéfinir ma carrière.
La pression en tant que moteur
Malgré les années, la pression reste une composante essentielle de mon jeu. C’est ce qui me pousse à rester vigilant et à donner le maximum. Ces sensations ont certes évolué avec le temps, mais la tension avant un match demeure présente et nécessaire pour performer.
Retour en bleu et ambition renouvelée
En 2025, j’ai retrouvé l’équipe de France après quelques absences. Gagner le Tournoi a été une expérience incroyable, mais qui ne se réalise pleinement qu’une fois de retour au club, lorsqu’il faut tout de suite enchaîner avec le Top 14. L’adrénaline de ces moments ne s’oublie pas et nourrit l’envie de renouer avec les sensations uniques que procurent ces compétitions.
Passé, futur et motivation quotidienne
La défaite en quart de finale contre l’Afrique du Sud lors de la Coupe du monde 2023 reste marquée. Bien sûr, c’est une blessure que partagent tous ceux qui ont vécu cet événement. Mais mon approche reste la même : vivre le présent sans trop anticiper l’avenir, en me concentrant sur le travail quotidien et en jouissant de chaque instant sur le terrain.
Réflexions sur l’avenir
Avec bientôt 32 ans au compteur, il est difficile de prédire combien de temps encore je jouerai au rugby professionnel. Peut-être qu’un jour je me consacrerai à d’autres passions comme la mécanique de vieilles motos ou la vente au marché local.
La passion des moteurs et de la route
Rouler à moto est une autre de mes passions essentielles. Possédant une Harley “Shovel” de 1976, j’adore bricoler et partir en road-trip, comme celui en Espagne l’année dernière. Voyager au guidon de ces engins anciens, notamment lors d’événements comme le ZCR, offre une liberté incomparable et une coupure bienvenue du monde du rugby.
Evasion et liberté au-delà des terrains
Être sur la route permet de se libérer des tensions du sport de haut niveau. Entouré par des personnes partageant cette même envie de relâcher la pression, ces aventures à moto deviennent des moments précieux de partage et de découverte, loin des préoccupations habituelles.
La musique comme échappatoire
La musique, et particulièrement le métal, joue un rôle d’évasion dans ma vie. L’année dernière, une expérience unique a été de me rendre au festival Hellfest pour vivre des concerts incroyables, même après la folie d’une saison réussie. Ce type de moments est rare et précieux, me permettant de rompre avec le quotidien sportif de manière exceptionnelle.
Un choix assumé
Mes coéquipiers ont pu me prendre pour un original lorsque j’ai opté pour le festival plutôt que les célébrations traditionnelles en équipe. Mais la passion et la soif de nouvelles expériences font partie de ce qui me motive au quotidien.
Ouverture musicale et moments de partage
Bien que j’adore l’énergie du métal, je reste ouvert à toute variété musicale, et j’apprécie la diversité. Des moments où le sport et la musique se croisent, comme danser sur Airbourne après une victoire, sont inestimables et contribuent à créer de beaux souvenirs partagés avec l’équipe.